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Comité de suivi des rythmes académique

vendredi 15 novembre 2013

Jeudi 7 novembre, les représentants du SNUipp-FSU 38 ont participé au comité académique de suivi des rythmes, à Grenoble en présence du recteur et des DASEN des cinq départements.

Après un rappel du contexte de la politique ministérielle en faveur de l’école primaire, le recteur a précisé l’intérêt de réformer les rythmes scolaires (lutter contre l’échec scolaire, améliorer les résultats de notre pays à l’échelle mondiale...). Selon lui, la réforme Darcos a été la pire des décisions pour les élèves.

Les DASEN des cinq départements de l’académie ont présenté, chacun leur tour, la situation de leur territoire. A été mis en avant, bien sûr les communes où la réforme avait pris une forme intéressante et satisfaisait l’ensemble des protagonistes (parents, enseignants, municipalités). Un ou deux exemples étaient développés.

Mais, le plus étonnant, comme s’il leur avait été demandé de ne pas oublié ce point, tous ont mis en avant les difficultés. On aurait pu penser qu’ils avaient lu les conclusions des bilans d’étape réalisés par les différentes sections SNUipp-FSU de l’académie. Soyons sérieux, à une semaine de mobilisations médiatisées, il ne pouvait en être autrement.

Là où ça fonctionne le mieux, c’est dans la plus grande concertation, avec des activités intéressantes, des partenaires à la hauteur et un référent municipal sur place pour réguler en temps réel les difficultés.

Là où ça coince : pour les enfants en situation de handicap dont les spécificités n’ont pas été prises en compte (accompagnement, transport, activités adaptées), les transitions entre les temps scolaires et péri-scolaires, la surcharge d’activités, la maternelle (horaires, activités adaptées, personnels qualifié,...), les personnels qualifiés à trouver (plus difficile encore en Haute-Savoie où la proximité avec la Suisse en fait un département à faible taux de chômage).

Pour ce qui est des communes concernées par la rentrée 2014, au sein de tous les départements a été mise en place une importante concertation entre les DSDEN et les communes ( ce n’est pas forcément le cas avec les écoles...), on précise également la grande disponibilité des IEN sur le sujet. Peu de demandes de dérogations (samedi matin, journée de 6h alternées avec des journées de 4h30, ).

Ce qui revient souvent est la surcharge d’activités proposées aux élèves et donc la non prise en compte de son besoin de se poser. M. Bovier, DASEN de la Haute-Savoie, nous expose même une mallette de jeux qui tourneraient sur les écoles et dont le coût correspondrait au fond d’amorçage prévu pour les communes. Que du bonheur !

Autre point commun : la date de retour des projets des communes a été repoussée à la fin du mois de novembre, à la demande des élus. Certains DASEN précisent même qu’ils ont souhaité que l’organisation retenue par les maires soit connue en amont du mouvement des enseignants. Pour ce qui est des locaux, il semblerait que des chartes soient à l’ordre du jour. Et pour estimer la fatigabilité des élèves, c’est le service de santé scolaire qui en est chargée.

Le recteur met en avant un intérêt, selon lui, indiscutable de cette réforme : avoir réuni autour de la table les différents acteurs du temps de l’enfant dans l’objectif d’une meilleure réussite scolaire.

Des échanges, toujours difficiles quand on est nombreux et pris par le temps, ont suivi.

Le SNUipp-FSU a lu sa déclaration liminaire :

Puis chacun des participants a donné son point de vue (ou lu, comme le SNUipp-FSU, une déclaration liminaire) Du côté des maires

Plusieurs représentants des maires étaient présents. Même si l’intérêt de cette réforme n’est plus à démontrer, ils mettent tous en avant les difficultés du terrain :
- le financement de cette réforme : l’état ne peut reprocher d’un côté aux collectivités de trop dépenser et en même temps demander à mettre en place une réforme qui coûtera entre 150 et 280 euro par an. Le fond d’amorçage est pérennisé pour un an mais ensuite ? Malgré les bonnes volontés, les communes vont être étranglées financièrement ;
- des intervenants de qualité à embaucher : le DASEN de la Haute-Savoie met en avant, comme une solution à cette problématique bien réelle, la possibilité d’avoir recours aux Contrats d’avenir. Ce que réfute un des maires, se disant préoccupé et surtout responsable quant à confier des élèves à des jeunes sortis de l’école sans qualification... Reste le problème de la formation qui ne peut se faire qu’une fois le contrat signé et donc en décalage dans le temps ;
- les locaux suffisants, proches de l’école à trouver. L’idée serait de ne pas utiliser les classes, mais surtout avoir des locaux pour les différents groupes et adaptés aux diverses activités proposées ;
- le problème du transport au sein d’un RPI avec une garderie prévue sur un même lieu...

Ce temps qui doit être éducatif va devenir très vite un temps collectif supplémentaire. Ce qui pose problème n’est pas la demi-journée supplémentaire mais bien l’heure quotidienne qu’il faut couvrir. Du côté des Conseils généraux

La responsabilité se situe au niveau du transport des élèves (en zones rurales et celui des élèves en situation de handicap). Pour eux, il est important que les communes régulent leurs horaires afin de pouvoir suivre financièrement. Concernant les élèves en situation de handicap, une réflexion est actuellement menées. Du côté du SNUipp-FSU

Nous avons le sentiment de ne pas vivre sur la même planète. En effet, même si à certains endroits cela se passe bien, il y a encore des situations critiques :
- la maternelle, en dehors des activités et des horaires inadaptés se voit transformée dans ce qui faisait sa spécificité avec un fonctionnement les après-midis qui ne peut plus exister ;
- les problèmes de locaux, au-delà d’une charte, sont signifiants pour les élèves. Il est important de leur permettre de différencier les endroits où l’on apprend de ceux où l’on se divertit ;
- des transitions encore compliquées ;
- des coûts pour les familles parfois très élevés ;
- le manque de concertation dans certaines communes alors que maintenant on sait qu’elle est facteur de réussite de cette réforme ;
- les multiples intervenants et surtout les ATSEM qui changent de casquette au milieu de la journée (même si elles sont un point de repère intéressant)... Conclusions du recteur

Cette réforme a quelque chose d’inédit parce qu’elle réunit autour de la table divers partenaires pour un projet commun. Il faut penser à un échelon territorial quelque chose qui n’existe pas. Il semble entendre l’inquiétude des enseignants qui sont bousculés dans leurs habitudes. Selon lui, il est important de se réjouir du fait que l’on parle Education.

Pour le SNUipp-FSU, resté un peu sur sa faim, des questions restent sans réponses : est-ce suffisant pour faire réussir nos élèves ? pour trouver des moyens financiers pérennes ? des personnels qualifiés ? proposer des activités adaptées ?

Il est temps, pour cette réforme des rythmes scolaires, de parler de l’école alors que l’on n’aborde que les difficultés des collectivités. De parler aussi des conditions de travail des enseignants, conditions sine qua non pour assurer, à tous les élèves, un service public d’éducation.

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