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Déclaration du SNUipp-FSU au Conseil Supérieur de l’Education du 8 juin 2022

lundi 13 juin 2022

En déplacement à Marseille jeudi dernier, le Président Macron a annoncé la généralisation de l’expérimentation dite Marseillaise, expérimentation qui doit prendre effet à partir du 1er septembre 2022.

Une généralisation est donc annoncée alors même qu’elle n’a pas commencé et que donc aucun bilan n’a pu être effectué. Alors que le ministre nouvellement nommé n’a quasiment pas dit un mot, nous avons donc pu assister jeudi dernier sur les chaînes de télévision à une mise en scène bien orchestrée qui nous a montré une classe de maternelle travaillant les mathématiques à travers des ateliers appelés laboratoire de mathématiques.

Est-ce ça l’innovation tant attendue dans l’école du futur ?

Non, les enseignantes de maternelle et d’élémentaire partout en France réalisent ce type d’ateliers sans déplacer pour autant les caméras de télévision. Dans toutes les écoles publiques du territoire, il y a une profusion de projets, d’école ou de classe, sur lesquels les enseignantes et enseignants s’appuient pour mettre en place des situations d’apprentissage. Emmanuel Macron nous a montré la vitrine de l’Éducation nationale, celle où les élèves sont peu nombreux dans les classes, où les moyens financiers ont été mis en œuvre pour l’occasion mais qu’y a-t-il derrière cette vitrine et ce vernis ?

Dans l’arrière-boutique, il y a des inégalités scolaires devenues structurelles, accrues par le covid et touchant particulièrement les élèves issus des classes populaires, il y a les concours de recrutement qui peinent à attirer les jeunes étudiants, il y a les job dating organisés par les recteurs et rectrices de Versailles à Amiens, il y a des enseignantes et enseignants qui en 12 ans ont perdu l’équivalent de plus d’un mois de salaire, il y a les élèves qui n’ont pas d’enseignant depuis quelques semaines parce qu’il n’y a plus de remplaçants, il y a ces collègues qui décident d’abandonner le métier dans lequel ils ne se reconnaissent pas (30% des enseignants disent d’ailleurs qu’ils souhaitent arrêter le métier dans les années à venir) … c’est évidemment une toute autre réalité sur le terrain de l’école. Le Président nous dit aussi que dans cette « école du futur » il y aura plus de liberté et d’autonomie pour les acteurs de l’école et que les directeurs et directrices pourront choisir leurs enseignants pour qu’ils et elles s’engagent dans ce projet, projet sur lequel seront contractualisés de manière opaque des moyens.

Mais est-ce vraiment ce que souhaite la profession ?

Non et les personnels le disent depuis un moment déjà.

Le SNUipp-FSU a enquêté en mars dernier auprès de 25 000 PE et 85% des enseignants estiment qu’attribuer un rôle hiérarchique au directeur d’école ne pourra pas aider à améliorer le fonctionnement de l’école. Ce n’est donc pas ce qui est attendu par la profession. Au contraire pour aider au fonctionnement de l’école, les enseignants et les directeurs d’école veulent une aide administrative, un allègement des tâches et une augmentation des décharges. Sur la question de la liberté donnée aux enseignantes et enseignants, de quelle liberté s’agit-il ? Parce que nous n’oublions pas que depuis 5 ans la liberté pédagogique des PE est mise à mal avec une politique toujours plus autoritaire menée par Jean Michel Blanquer, avec des méthodes pédagogiques imposées, des réformes qui ont épuisé l’Éducation Nationale. Alors tout en déclarant dans la presse nationale que les français sont fatigués des réformes qui viennent d’en haut, qu’ils ont plus de bon sens que les circulaires, le président de la République généralise une expérimentation d’une politique dont la profession ne veut pas, une « école du futur » totalement hors sol.

Décidément le « en même temps » cher au président n’a pas fini de nous étonner. Le seul “en même temps” dont a besoin l’école publique, c’est qu’elle ait les moyens de donner aux élèves les conditions de leur émancipation tout en offrant aux personnels des conditions de travail épanouissantes.

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